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Défi de l’été
Dans l’infolettre du 21 juin était proposé ce défi, que vous pouvez relever vous aussi :
Voici une idée de défi d’écriture pour inventer un personnage, un lieu, une intrigue, un début, une fin.
Écrivez 5 prénoms, chacun sur un morceau de papier. L’enfant (ou vous pour le plaisir) doit en piocher un. Ce sera son personnage. Puis, posez-lui quelques questions pour lancer l’histoire :
Où vit ce personnage ? LIEU
Qu’est-ce qu’il aime ? (+)
Qu’est-ce qu’il déteste ? (-)
Qu’est-ce qu’il fait ? ACTES
Que va-t-il lui arriver de spécial ? AVENTURES
GABIN
Il est grand pour son âge, il est blond, il ne porte pas de lunettes, ni de cicatrice.
C’est Gabin.
Aujourd’hui, nous le retrouvons dans le jardin de la maison de campagne de tata Sophie. C’est aussi la maison de tonton Gustave, mais, autant il adore tata Sophie, belle, blonde avec des yeux bleus tellement attirants, autant tonton Gustave… Était-il blond ou brun ? maintenant, il est gris, et encore : il ne reste plus grand ’chose ! En plus, il a un gros ventre et il ne sent pas bon : tabac ou alcool, tabac et alcool, ça dépend. Faut-il aussi ajouter les bonnes (?) blagues du genre : « y a pu de dessert, Gabin ; j’ai tout mangé ». Au début, Gabin trépignait de rage, ce qui faisait rire aux larmes tonton Gustave, avant qu’il n’ajoute l’invariable « mais, non, c’est une blague ».
Maintenant, à 10 ans, Gabin se contente d’un coin de lèvre relevé en guise de réponse. Gustave alors se fend d’un « ah ! Bin Bin, t’es trop grand pour mes blagues, on dirait ».
Bin Bin. Ce diminutif l’agace un peu, mais il est vrai qu’il lui va bien. Vous vous dites : « Gabin, Bin Bin, bah oui, logique ».
Et bien vous n’y êtes pas du tout.
Lorsqu’on lui demande :
« Qu’est-ce que tu aimes manger ? Quel est ton jeu préféré ? etc. » ou bien « Quel est le camarade d’école que tu aimes le moins ? Qu’est-ce que tu préfères, la mer ou la montagne ? » Invariablement, quel que soit l’interlocuteur (sauf Papa, Maman ou tante Sophie), Gabin se fige, regarde au loin et prononce à voix basse « bin…bin… », et soyez sûr que vous n’aurez pas d’autres précisions !
Sur ces entrefaites, débarquent ses cousines et cousins, tous collégiens ou lycéens, rigolards, bruyants. Les garçons font les ké ké et les filles rigolent. Cliché ? regardez bien autour de vous si c’est cliché !
« Tiens, v’la Bin Bin, ça va gars ? » lance une cousine
« Mais oui, il va bien le Gars Bin » s’esclaffe un cousin
« Et tu aimes la piscine ? Il parait que tu sais nager maintenant ? » poursuit un troisième
Et joignant le geste à la parole, il saisit Gabin et le propulse tout habillé dans le bassin.
Heureusement, il était seulement vêtu de… son maillot de bain.
Il sort vite fait de l’eau, sous les regards amusés de certains ou courroucés d’autres.
Tonton Gustave suffoque de rire, attablé devant son Ricard.
« Alors, elle est bonne, Bin Bin ? » ajoute-il
Gabin s’approche, dégoulinant, s’empare du seau à glace plein à ras bord et le retourne sur la tête de tonton.
Triomphant, Gabin se retourne vers Tata Sophie et conclut l’affaire par un retentissant :
« Excellente ».
Philippe B. (juin 2026)
Défi de printemps
Et si vous m’aidiez à terminer ce texte en hommage à tous les crapauds… même s’ils ne deviennent pas tous une princesse ou un prince ?
Drôle de rencontre
Ce matin, j’ai rencontré un crapaud ou une crapaude, va savoir.
Sur le tas de bois abritant ma réserve de « prête à réchauffer », il m’est apparu derrière la bûche que je venais de saisir.
─ T’inquiète crapaud ou crapaude, tu peux continuer de dormir, le printemps n’est pas tout à fait là. Tes futurs crapelets ont bien le temps !
─ Coâ, Coâ ! me répondit-il.
[…]
Maintenant, c’est à vous !
Ce défi vous était proposé dans l’infolettre de printemps.
Ce matin, j’ai rencontré un crapaud ou une crapaude, va savoir.
Sur le tas de bois abritant ma réserve de « prête à réchauffer », il m’est apparu derrière la bûche que je venais de saisir.
─ T’inquiète crapaud ou crapaude, tu peux continuer de dormir, le printemps n’est pas tout à fait là. Tes futurs crapelets ont bien le temps !
─ Coâ, Coâ ! me répondit-il.
Évidemment, elle n’a rien compris de ce que je lui ai dit ! Ils sont drôles tout de même ces humains : ça va sur la lune, ça transforme la nature à une vitesse impressionnante ; je n’ai pas le temps de suivre, moi !
Heureusement que dans ce jardin, cela ne change pas trop ; enfin, il faut surveiller l’énergumène qui vit avec cette humaine : il a vite fait de déplacer des pierres ou des pièces de bois sous lesquelles je me protège de la chaleur (j’ai la peau sensible et je n’arrive pas à leur piquer leur crème solaire).
Bref, ils font beaucoup de choses mais pour comprendre le langage des animaux, il y a encore une sacrée marge de progrès !
Donc, elle ne connait pas le langage crapaud. Sinon je lui aurais dit que je suis un mâle et que j’aime la vie de célibataire : des crapelets ? Très peu pour moi : je suis trop occupé.
Figurez-vous que je suis reconnu par toute la communauté crapaud du quartier et même au-delà pour construire dans la terre des abris souterrains, en particulier pour les couples qui conçoivent des crapelets. Je ne sais pas pendant combien de temps je vais pouvoir assumer cette charge, car je ne suis plus très jeune et j’ai de l’arthrose (oui, les crapauds ont de l’arthrose, c’est comme ça).
Certains m’ont même dit (quelle ânerie !) que Trump aurait voulu que je vienne lui construire un abri. Et puis quoi encore ? Je ne crois pas que je veuille me lancer à l’international.
Ah ! ça y est, elle a fini son remue-ménage ; je vais pouvoir finir ma sieste !
─ Au revoir beau crapaud.
─ C’est ça, c’est ça, Coâ, Coâ.
Philippe B. (mai 2026)


