Juin

Cette année-là… Je passais mon bac… 

En Littérature, j’ai choisi Tous les matins du monde.1

La Cabane de Tous les matins du monde
La Cabane de Tous les matins du monde

[…] Entre musique, larmes et colères, nous avons été servis. Ce qui m’a le plus fascinée, c’est sa cabane. Une cabane, comme celle d’Alex… un vrai refuge qui renferme tous les secrets du monde et apaise. Mes cabanes à moi, elles sont tapissées de livres. Chacun d’eux me révèle ses secrets pour mon plus grand plaisir. Ce sont mes « amis imaginaires » d’aujourd’hui.

[…] Voici comment Jean de Sainte Colombe s’est retiré du monde, et a décidé d’y rester :

« Monsieur, j’ai confié ma vie à des planches de bois grises qui sont dans un mûrier ; aux sons des sept cordes d’une viole ; à mes deux filles. Mes amis sont les souvenirs. Ma cour, ce sont les saules qui sont là, l’eau qui court, les chevesnes2, les goujons et les fleurs du sureau. Vous direz à sa majesté que son palais n’a rien à faire d’un sauvage qui fut présenté au feu roi son père il y a trente-cinq ans de cela. »

─ Comme je vous comprends, Monsieur de Sainte Colombe. J’aimerais, moi aussi, pouvoir me réfugier dans une cabane, ce lieu « refuge » pour souffler et m’apaiser quand je sens la tristesse ou la colère m’envahir.

Ce serait pour les « Puissants » d’aujourd’hui une bonne solution pour réfléchir, avant de prendre des décisions… les bonnes pour toutes et tous. Pas que pour ces « Puissants » !

Oh oui, chaque personne a besoin d’un refuge, un coin pour s’isoler, s’écouter penser, se détendre, rêver pour se sentir bien.

Ce peut être une cabane de jardin…

Ou bien comme Jeanne, la bibliothèque de Lumos – sa chère grand-mère.

Dans cette « Cabane à livres » elle peut alors converser avec ses « amis imaginaires » et oublier sa tristesse.

En silence... les livres qui parlent

  1. Roman-scénario écrit par Pascal Quignard, paru en 1991 ↩︎
  2. Le chevesne est un poisson d’eau douce ↩︎