
« […] Tiens, comme elle est jolie et mignonne cette minuscule boule de plumes, tout ébouriffée. On dirait qu’elle veille sur le jardin, en vraie sentinelle, si forte et déterminée bravant le vent et le froid.
─ Tu n’es pas comme moi, si triste et découragé… Mais je suis en train de parler à un piaf. N’importe quoi !
─ N’importe quoi ! Je suis juste là pour le décor, peut-être ?
─ Hein, mais c’est toi qui parles ?
─ Moi, assurément ! « On ne voit bien qu’avec le cœur. » disait un certain Antoine que j’ai rencontré il y a longtemps, dans une autre vie. C’est moi l’essentiel, bien visible pour tes yeux, malgré mes 15 cm et mes 22 g. Appelle-moi simplement Prince, c’est mieux que Petit-Rouge-Gorge-Mignon ou qu’Erithacus rubecula, n’est-ce pas ? […]»[1]

Ce matin, moi aussi j’ai rencontré un « Prince » qui est venu toquer à ma vitre, ce qui l’a mis KO. Je l’ai doucement récupéré, bien sonné. Après quelques minutes de repos, il a pu se réchauffer au creux de mes mains. Vite, je l’ai installé dans ma haie la plus proche avec, comme couette, une bonne dose de foin de l’été… Plus tard, il s’est envolé pour rejoindre les siens ? Préparer son nid ? … Ou pour veiller sur mon jardin ?
Bonne arrivée du printemps Petit-Rouge-Gorge-Mignon !
[1] https://aimer-ecrire.fr/tome-1-dialogue-avec-mes-12-rencontres/